Bangkok

Lorsque nous quittons la France l’hiver sous la neige et le verglas, douze petites heures plus tard nous nous retrouvons en été, mais pas n’importe quel été, pas un été de nos latitudes, non, un été caniculaire et moite.

Il y a une dizaine d’années, les vols internationaux atterrissaient à don Muang, au nord de Bangkok. J’aimais bien cet aéroport, surtout son approche. Par le hublot on apercevait des palmiers à perte de vue et on se demandait où pouvait se trouver la piste d’atterrissage, priant le ciel pour que le pilote la trouve, lui. Mais tout cela n’était qu’une impression car, bien sûr, à mesure que l’avion perdait de l’altitude l’horizon se dégageait.

Lors de mon premier voyage, j’ai été frappée par deux choses: la chaleur suffocante et le sentiment de se trouver au coeur de la ville dès qu’on sort de l’aéroport alors que le centre-ville, si ce terme a un sens à Bangkok, se trouve à une vingtaine de kilomètres au sud. Dans les hôtels, on vous donne un plan de la partie touristique de la ville et vous commencez à faire des petites croix pour vous repérer, une pour l’hôtel, une autre pour l’endroit où vous désirez vous rendre et vous vous dites « Chic, on est à côté!. » On a seulement oublié de regarder l’échelle. Alors, naïvement, vous partez à pied, vous faitees des kilomètres sous une chaleur moite et vous finissez en taxi ou en tuk-tuk. Très pittoresques les tul-tuk et tellement Bangkokiens! Le seul problème est qu’ils vous conduisent non pas où vous voulez aller mais là où ils auront une commission de la part des commerçants avec lesquels ils ont passé un deal et lorsque vous protestez et insistez pour une destination, ils vous plantent au beau milieu d’une rue en disant que c’est là alors que vous en êtes à cinq kilomètres. Ca, c’est la première fois. Ensuite, vous repérez les tuk-tuk et les taxis qui font leur job.

 

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J’ai découvert cette ville démesurée à travers les vitres du taxi qui nous emmenait, mon fils et moi, à notre hôtel, étonnée de voir un foisonnement de gratte-ciel dont certains restaient inachevés, dressant leurs tiges d’acier tels des membres décharnés implorant je ne sais quel dieu, suite à la crise immobilière de 1997 et je songeais « ça y est, j’y suis, me voici à Bangkok. » J’ai longtemps rêvé de cette ville, depuis mes jeunes années sans trop savoir pourquoi, le nom peut-être, et je n’ai pas été déçue. Bangkok est une ville envoûtante, au charme indéfinissable, mêlant tradition et modernité et, chaque fois que j’y retourne, je ressens le même sentiment apaisant de me sentir chez moi.

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Aujourd’hui, les avions atterrissent au très moderne aéroport de Suvarnabhumi, à l’est de Bangkok et une navette vous conduit directement au coeur de la ville. De nouveaux gratte-ciel ont surgi de terre, donnant des airs de Manhattan à certains quartiers. Mais l’ambiance est la même, les marchands ambulants sont toujours là, les tuk-tuk et les taxis sillonnent toujours les rues à la recherche d’un client, les stands de nourriture mêlent leurs saveurs aux effluves de la circulation pour former un curieux parfum. On aime ou on n’aime pas.

J’aurais aimé connaître Bangkok dans les années 1950 lorsqu’elle méritait encore son nom de Venise orientale, avant que Sukkhumvit ne soit devenue cette immense avenue qui ne dort jamais, avant que le béton ne recouvre les klongs.

Sur le même thème, voir les articles Les 10 incontournables de Bangkok et La Maison de Jim Thompson

 

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