L’art du Benjarong en Thaïlande

Le Benjarong (en Thai เบญจรงค์), appelé également céramique royale, est une porcelaine peinte dont le nom signifie littéralement « cinq couleurs », quantité de teintes pour les pièces traditionnelles, mais cela peut aller de 3 à 8 couleurs. Pour la décoration on utilise un motif répétitif, géométrique ou floral, sur un fond coloré. L’aspect émaillé créé une surbrillance et apporte du relief à la pièce. Le processus de fabrication est long et délicat, la pièce étant passée au four entre chaque application de couleur. L’or est aussi utilisé pour la décoration.

Benjarong-Porcelain-pottery

 

Historique

Les premières traces de Benjarong remontent à la dynastie chinoise Ming (1368 – 1644). La technique du Benjarong a été inventée précisément sous le règne de l’empereur Xuande (1425 – 1435) dans la province de Zhejiang et s’est popularisée sous le règne de l’empereur Chenghua (1464 – 1487). A l’origine les porcelaines Benjarong étaient exclusivement réservées à l’usage impérial.

Le Benjarong est arrivé en Thaïlande il y a environ 600 ans, lorsqu’une princesse chinoise se maria avec un membre de la dynastie siamoise, apportant ses procelaines avec elle. Durant plusieurs générations, les porcelaines Benjarong destinées à la famille royale siamoise étaient fabriquées en Chine. Le royaume de Siam se mit à produire ses propres porcelaines lorsqu’il découvrit le kaolin, un des constituants principaux de la porcelaine, et fit venir des artistes chinois. Les premières porcelaines Benjarong fabriquées en Thaïlande datent du règne de Rama V qui autorisa son utilisation par l’aristocratie et certains riches marchands. Ce n’est que récemment  que tout un chacun put acquérir ces porcelaines grâce à l’autorisation du défunt roi Bhumibol (Rama IX).

En Chine, le Benjarong compte 3 couleurs ou plus mais en Thaïlande, il en compte au minimum 5.

Production

Seulement quelques communautés d’artistes Thaïs se transmettent leur savoir-faire de génération en génération. La fabrication requiert habileté et méticulosité chez l’artisan, elle exige donc une main d’oeuvre qualifiée. Aussi les porcelaines Benjarong, de par leur fabrication et leur technique de peinture, sont considérées par tous comme des chefs d’oeuvre.

Seule la porcelaine blanche (appelée également Bone China ou Royal Porcelain), cuite au four entre 1150 et 1280°C durant plusieurs heures, est sélectionnée pour sa qualité. Après la cuisson l’artisan doit vérifier que la porcelaine n’a aucun défaut et éviter de graisser la surface de l’objet avec des mains sales ou en sueur. Il utilise ensuite une seringue hypodermique ou un pinceau fin pour dessiner les motifs sur la pièce qui tourne sur un tour contrôlé manuellement, selon le modèle initial du motif transmis par un maître artisan. Les 5 couleurs utilisées sont:

  1. noir
  2. vert
  3. jaune
  4. rouge
  5. blanc

La peinture à base de teintes minérales doit être bien écrasée et mélangée avec l’eau dans le ratio approprié. Pour cela l’artisan utilise un mortier en céramique. La peinture ne doit être ni trop épaisse ni trop fluide. Si la peinture est trop épaisse, la couleur ne donnera pas le rendu escompté. Si elle est trop fluide, elle ne tiendra pas et, bien sûr, les lignes ne doivent pas se chevaucher pour éviter que les couleurs se mélangent. Lors de l’étape finale, l’artisan ajoute parfois de l’or à 18 carats pour un effet précieux.

Lorsque l’artisan place les pièces dans le four, il doit s’assurer que l’espace entre elles est de  0.5 à 1 cm, sinon elles pourraient être endommagées lors de la cuisson qui dure environ 10 heures à une température variant de 800 à 1000°C. Le Benjarong doit être passé au four après chaque application de peinture, c’est-à-dire au moins 5 fois. Ce processus long et délicat explique le prix des pièces et la raison pour laquelle le Benjarong est unique.

À la fin de la production, un contrôle de qualité est effectué, l’erreur la plus légère étant inacceptable. Le Benjarong est supposé être parfait en tous points.

Utilisation

La porcelaine Benjarong est considérée à juste titre comme un cadeau précieux et il est courant de l’offrir lors d’occasions spéciales (mariage, Jour de l’An, etc…) mais on l’achète aussi pour décorer son intérieur. Vous l’aurez compris, même s’il s’agit de porcelaine, de là à l’utiliser en vaisselle, il y a un pas qu’il est déconseillé de franchir.

Don Kai Dee, le village qui perpétue la tradition

Comme il arrive parfois dans de nombreux pays, la fermeture d’une usine dans une petite ville est un drame. C’est ce qu’ont connu les habitants de Don Kai Dee, province de Samut Sakhon, en 1982 lorsque l’usine de céramique Sathiaraphap dut mettre la clé sous la porte. De nombreuses familles se retrouvèrent sans ressources mais les artisans décidèrent de se regrouper pour préserver leur savoir-faire. Ainsi, non seulement, ils continuent de produire des pièces exceptionnelles mais ils enseignent leur art afin de transmettre leur expertise aux générations futures. A ce titre, le village a obtenu le soutien du gouvernement et a été sacré « village caractéristique de l’artisanat ».

Il est possible de séjourner dans la communauté pour découvrir le mode de vie des habitants de Don Kai Dee, visiter les ateliers et assister à des séances pratique. A proximité du village, le Wat Nang Sao dont les murs sont ornés de délicates peintures est l’occasion d’une excursion agréable.

Comment vous rendre dans le village: la province Samut Sakhon se situe au sud-ouest de Bangkok, à l’embouchure de la Tha Chin, dans Le golfe de Thaïlande. Il existe des lignes régulières de trains et de bus de Bangkok à Samut Sakhon, le trajet dure environ une heure. Le village de Don Kai Dee est à 2km de la ville. Parfait pour une escapade d’une journée.

Une brochure détaillée est disponible à l’Office de Tourisme de Thaïlande.

Sources:

Wikipedia en Anglais – Références ci-dessous:

  1. Fernquest, J. (2012 , March 20). Thai Heritage: Benjarong Porcelain. Retrieved from Bangkokpost: http://www.bangkokpost.com/learning/learning-from-news/285215/about-business
  2. Jump up^ History of Benjarong. (n.d.). Retrieved from Siam-Traders: « Archived copy ». Archived from the original on 2014-08-19. Retrieved 2014-11-16.
  3. Jump up^ History of Benjarong. (n.d.). Retrieved from Globiztar: http://www.globiztar.com/benjarong/benjarong-catalog.pdf

Office de Tourisme de Thaïlande

http://www.tourismethaifr.com/Accueil/index.tpl

 

Discovery Trade

 

 

 

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2 réflexions sur “L’art du Benjarong en Thaïlande

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