Souriez, votre cerveau est d’une étonnante plasticité

L’idée de plasticité neuronale n’est pas nouvelle. Elle fut proposée pour la première fois en 1890 par William James dans « Principes de psychologie » mais renvoyée aux oubliettes pendant 50 ans.

Sophistiqué et complexe

Durant le vingtième siècle, on a longtemps pensé que tout se jouait dans l’enfance et qu’après celle-ci certaines zones de l’encéphale étaient immuables. Pourtant, le prix Nobel de médecine de 1906 Santiago Ramon y Cajal avait théorisé l’idée de plasticité du cerveau. Il faut attendre 1969 et l’article de Geoffrey Raisman, considéré comme le père de la plasticité neuronale, pour admettre de manière définitive « la capacité qu’a le cerveau à constituer de nouvelles synapses à la suite d’une lésion chez l’adulte » mais on ne parle précisément de plasticité neuronale qu’à partir de 2006.

Le cerveau de l’être humain moderne possède 86 milliards de cellules et des millions de milliards de connexions qui en font une merveille qu’aucun ordinateur, même le plus puissant et le plus complexe ne saurait égaler. Même si on parle dans les deux cas de mémoire, connexions et langage, rien n’est figé dans notre petite tête, nous sommes en constante évolution. Notre matière grise est une matière vive, changeante, programmée pour le changement et incarne le devenir de l’espèce humaine. Aujourd’hui comme à l’aube de l’humanité, nous ne savons pas ce dont nous serons capables demain. Souvenez-vous lorsque JF Kennedy, dans un de ses célèbres discours, a annoncé que l’homme irait sur la Lune moins de 10 ans plus tard, les ingénieurs se sont affolés car à l’époque personne ne croyait la chose possible.

Nous sommes faits pour apprendre

Notre croissance, contrairement aux autres primates, nécessite plusieurs décennies pour parvenir à maturité. Si votre adolescent est un peu crétin, ne désespérez pas, tout n’est pas perdu. Le cerveau du bébé humain atteint à peine 25% de la complexité du cerveau adulte alors que celui du macaque au même stade frôle les 75%. Durant toutes ses années d’apprentissage, l’enfant imite et interagit avec son groupe social.

Je vous entends déjà: « sophistiqué et complexe le cerveau humain? chez certains, ce n’est pas ce qu’on remarque de prime abord. » C’est qu’il ne suffit pas d’avoir un merveilleux outil entre les mains, en l’occurence entre les oreilles dans le sujet qui nous occupe, encore faut-il savoir s’en servir. Contrairement aux primates non humains où le déterminisme génétique joue un rôle important dans la construction du cerveau, le milieu dans lequel un enfant évolue et l’apprentissage dont il bénéficie sont essentiels à son développement. Non stimulés, les neurones se couchent comme un champ de blé.

Les effets du stress sur le cerveau

Le stress provoque un état d’alerte permanente qui induit la production de cortisol, lui-même facteur de destruction des cellules. Une absence de stimulation sensorielle provoque également une atrophie neuronale sévère. Certains d’entre vous se souviennent certainement des petits orphelins roumains complètement apathiques. Le manque de soins, d’affection et de stimuli dont ils souffraient était équivalent à une lobotomie. Le cerveau capte les informations par le goût, la vision, l’odorat, le toucher et l’ouie. Après une année en famille d’accueil, on a constaté que le cerveau de ces enfants se « regonflait ». La bonne nouvelle de cette découverte est que l’encéphale est adaptable et reconfigurable grâce à son système nerveux malléable et flexible.

On peut apprendre jusqu’à la fin de sa vie

Face à un environnement en perpétuelle évolution, le cerveau humain est capable de procéder aux ajustements nécessaires à tout moment et à tout âge de la vie. J’aime bien cette phrase de Steve Jobs: « Ce n’est pas qui vous étiez en venant au monde qui importe mais ce que vous faites du temps qui vous est imparti. » Il ne parlait pas seulement de réussite. Vivre, c’est apprendre chaque jour, expérimenter de nouvelles expériences, ne pas rester sur ses acquis. Malheureusement, nombreux sont ceux qui confondent instruction et enseignement et s’arrêtent d’apprendre lorsqu’ils arrivent à l’âge adulte. Comme un muscle, le cerveau a besoin d’être stimulé pour rester alerte.

Avez-vous remarqué comme certaines personnes âgées sont intéressantes et croquent la vie à pleines dents tandis que d’autres sont vieilles à 60 ans? Les premières ont fait le choix d’éteindre la télévision pour se cultiver, s’ouvrir au monde qui les entoure et être réceptives à la nouveauté. Les secondes se sentent trop dépassées pour tenter de nouvelles expériences et ne rateraient leur feuilleton télé pour rien au monde. Elles s’ennuient, regrettent le temps de leur jeunesse en se disant que tout était tellement mieux avant et laissent leur cerveau en jachère.

Pour qu’il y ait de nouvelles connexions entre les cellules neuronales, il est indispensable de stimuler le cerveau et, à moins de souffrir d’une maladie dégénérative, on peut rester jeune jusqu’à un âge très avancé.

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