Sai Ku waterfall, ma folle aventure thaïlandaise

Cette chute d’eau, ignorée des guides touristiques et pour cause, est située dans la région de Bang Saphan, dans Le golfe de Thaïlande. Elle est toute proche de la frontière birmane.

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Pour accéder à la chute, à une trentaine de kilomètres de Suanluang Beach, il faut traverser Bang Saphan Yai et emprunter la quatre voies, autrement dit la route qui mène à Bangkok. C’est plein de camions, de bus et de voitures, on se sent tout petit en moto mais on n’a pas le choix. Nous voilà parties Karine, dont j’ai fait la connaissance sur place, et moi et pour une fois nous avons mis nos casques mais je ne pense pas qu’ils nous auraient protégées efficacement en cas d’accident. Même en serrant la dragonne à fond, ils se soulèvent quand on dépasse les 50 km/heure et laissent s’engouffrer l’air, ce qui nous donne l’impression d’avoir des casques en lévitation au-dessus de la tête. Au moins, nous avons échappé à l’amende. De temps en temps, la police thaïlandaise décide de faire respecter la loi et verbalise tout contrevenant, mais c’est rare. Eric du Coral Hotel m’a dit un jour en riant à moitié: « L’essentiel, c’est d’avoir quelque chose sur la tête. Tu porterais un pot de chambre, la police ne te dirait rien! » Et c’est vrai. Bon, pour le pot de chambre je n’ai pas essayé mais j’ai vu nombre de Thaïs se balader à moto avec un casque de chantier sur la tête.

Dès que nous quittons la quatre voies nous enlevons nos maudits casques qui nous gênent plus qu’autre chose. Les premiers kilomètres se passent bien dans un chemin de campagne en terre dont une fine poussière vole dans notre sillage.

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La piste qui mène à la chute d’eau avant les difficultés

Après ce début prometteur, ça se corse et notre escapade prend des allures de Raid Gauloises, la piste est défoncée et nous devons traverser une rivière en empruntant un pont aux planches disjointes. Le dernier kilomètre est particulièrement éprouvant, la pente est tellement raide que nous devons monter en première, éviter les ornières et essayer de ne pas glisser sur la terre sablonneuse. Arrivée au sommet, je m’arrête et attends Karine. Ne la voyant pas arriver je comprends qu’elle a un problème et décide d’aller à sa rencontre. J’ai descendu une dizaine de mètres lorsque je l’aperçois, j’entreprends donc de faire demi-tour. Malheureusement, sur cette pente trop raide, les roues n’accrochent pas et glissent comme sur une planche savonneuse. Je me retrouve par terre, le pied gauche coincé sous la moto à quelques centimètres du pot d’échappement. Clouée au sol, n’ayant que la force de mes bras, j’ai beaucoup de mal à soulever la moto pour dégager mon pied qui commence à me faire souffrir. J’y parviens enfin et puise dans le peu de forces qu’il me reste pour redresser mon engin et le pousser jusqu’en haut de la côte. Ouf, pas de dégâts, j’ai seulement noyé le moteur et nous devons attendre un peu avant de remettre la moto en marche. Quant à Karine, elle a perdu le contrôle de sa moto en changeant de vitesse et s’est égratigné le genou en tombant. Rien de bien méchant.

Nous repartons et sommes dépitées de constater que nous n’étions qu’à 500 mètres de l’arrivée. Chuter si près du but, c’est ballot. Nous sommes les seules farangs au milieu des familles thaïes qui nous regardent comme si nous étions tombées du ciel. Pour parvenir aux chutes, il faut encore traverser un cours d’eau bouillonnant entre de gros rochers ronds faciles à escalader en apparence. En apparence seulement car à peine ai-je posé le pied sur une roche humide que je glisse comme sur une patinoire et me retrouve par terre avant d’avoir compris ce qui m’arrivait. Mon bras gauche amortit ma chute tandis que ma première pensée va à mon appareil photo que j’avais sorti de son étui un peu plus bas. Je me relève, Karine est pliée en deux, je ris aussi malgré la douleur de mon bras sous l’oeil ébahi des Thaïs qui sourient poliment et nous prennent sûrement pour deux cinglées.

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Dimanche en famille

Nous prenons quelques photos, reprenons nos esprits à l’ombre de bambous géants. Il fait bon, une brise légère agite l’air, le bruit de l’eau est rafraîchissant. Mais nous avons soif car, bien sûr, nous sommes venues les mains vides. Nous faisons donc le chemin inverse, je choisis un rocher sec, glisse quand même et me rattrape juste à temps. Heureusement, sinon je me retrouvais deux mètres plus bas, ballotée dans la rivière. Nous avisons une buvette, une simple cabane en bambou au toit en chaume de riz et commandons deux Coca avec des glaçons car les bouteilles sont à température ambiante, c’est-à-dire dans les 30°. Comme il est déconseillé de boire l’eau du robinet, il est naturellement aussi déconseillé de prendre des glaçons au risque d’attraper la tourista. Philosophe, Karine me dit « Tant pis si on est malades. » J’ai tellement soif et tellement envie de fraîcheur que je suis assez d’accord avec elle. (On n’a rien eu).

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Envie d’un rafraîchissement?

Nous appréhendons le retour car vue d’en haut, la piste est encore plus impressionnante et semble quasiment à pic. Imaginez qu’on vous amène en haut d’une piste noire, très noire, alors que vous n’avez jamais skié et qu’on vous dise « Maintenant vas-y, on se retrouve en bas! » Courageusement, Karine me laisse passer devant, nous descendons à vitesse réduite, en première, freins serrés et comme les enfants, nous mettons un pied par terre, soulevant un nuage de poussière brune. Nous sommes dans un état! Malgré cela, les motos semblent vouloir prendre de la vitesse. Dans un passage particulièrement défoncé par de profonds sillons qui ressemblent à des boursouflures, ma moto glisse et se couche sur le côté mais je parviens à la redrsser aussitôt. Nous poursuivons notre descente, légèrement crispées, enfin un peu plus crispées qu’avant. Cette pente nous semble interminable. Et là, nous assistons à un spectacle incroyable: une moto nous double et file sur ce chemin improbable, montée par un garçon et deux filles dont les rires joyeux nous laissent sans voix.

Plus bas, la piste devient à nouveau praticable, elle passe sous une voûte formée par des palmiers d’un vert émeraude profond, puis elle longe un champ d’ananas, c’est la fin de l’après-midi, la récolte de la journée est terminée, les pick-up sont remplis à ras bord, enfin de hauts kapokiers aux longues fleurs blanches qui laissent échapper leurs grappes cotonneuses nous saluent.

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Conclusion: ce fut une belle balade, pleine de surprises, à réserver aux pro de la moto, ce que ni Karine ni moi ne sommes. Porter aussi de bonnes chaussures qui vous maintiennent le pied.

Pour vous y rendre: les hôtels vous donneront des cartes de la région, certains organisent des excursions en 4X4

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