L’éléphant de Thaïlande

Animal emblématique de Thaïlande, l’éléphant a figuré sur le drapeau du royaume de Siam jusqu’en 1932. Aujourd’hui encore, on offre au roi un éléphant blanc (en fait gris pâle ou albinos), symbole de souveraineté et de prestige.

Pourtant, malgré une loi de 1921 visant à le protéger, ce magnifique pachyderme est encore trop souvent exploité et maltraité.

La Thaïlande comptait 100 000 éléphants en 1900, ils ne sont plus qu’environ 4000 dont la moitié est domestiquée. Le braconnage et la destruction de leur habitat naturel ont contribué au déclin de ces animaux. On estime que l’espèce est en voie de disparition si on ne l’aide pas.

Un animal lié à l’histoire de la Thaïlande

La relation entre l’homme et l’éléphant d’Asie date de 5000 ans.  L’animal fait partie intégrante de l’histoire et de la construction du royaume de Siam. Il a permis aux armées de partir à la conquête de nouveaux territoires, servi au transport des hommes et des biens sur des terrains montagneux, contribué à la construction des villes, à la récolte du teck.

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Le bain des éléphants au camp de Mae Sa

Depuis 1989, l’exploitation du bois est interdite et de nombreuses tâches effectuées autrefois par les pachydermes le sont aujourd’hui par les machines. Frappés par le chômage, certains cornacs accompagnés de leur animal sont contraints à la mendicité dans les rues de Bangkok. Une fois j’en ai vu un qui avait fixé une petite lumière clignotante à la queue de son éléphant pour mieux se faire remarquer. C’était triste à pleurer…

Grâce au tourisme, de nombreux éléphants domestiqués et leurs cornacs ont retrouvé du travail. Reste à savoir dans quelles conditions.

Balades à dos déléphant

Le tourisme, s’il est une manne pour l’économie thaïlandaise, ne contribue pas au bien-être de nombreux éléphants. Quantité de visiteurs (j’espère que vous ne faites pas partie de ceux-là) n’envisagent pas leur séjour au pays du sourire sans une excursion à dos déléphant. Or, malgré sa puissance, cet animal n’est pas fait pour promener des touristes sur son dos à longueur de journée et être privé de liberté par les chaînes qui l’entravent entre deux balades.

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Si toutefois vous souhaitez quand même faire une promenade à dos déléphant, vérifiez que l’animal est bien traité grâce aux points suivants:

  1. il doit être harnaché avec un siège en bois sur-mesure
  2. un tissu matelassé doit être glissé entre sa peau et le siège pour éviter les frottements
  3. il doit être baigné avant la promenade pour prévenir les irritations de la peau

Sauvegarde des éléphants

J’ai découvert le travail de Lek, une femme formidable, dans le très beau documentaire « Faut pas rêver: Thaïlande, la route des rois » sur youtube, présenté par le sympathique Philippe Gougler qui, soit dit en passant, présente aussi l’excellente série documentaire « Des trains pas comme les autres ».

Depuis des années, Lek se bat pour protéger les éléphants et sillonne inlassablement son pays à la rencontre des mahout (les dresseurs) et des paysans. Elle a créé un parc dans les environs de Chiang Mai où il est possible de passer une journée, voire plus, de nourrir les éléphants, les promener, les nourrir, faire du bénévolat, etc… On peut aussi parrainer un animal et pour cela pas besoin d’être sur place.

Tous les renseignements, sont disponibles sur son site saveelephant.org – A partir de 2500THB

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Khun Pat, autre défenseur des éléphants, ajoute que les promenades dans l’eau et la boue sont essentielles au bien-être des pachydermes car elles permettent de lutter contre les fissures de leurs ongles. En effet, l’infection de la patte est une des principales causes de mortalité chez les éléphants vivant en captivité. Il est également particulièrement sensible à la préservation du lien qui unit l’éléphanteau à sa mère.

Dans sa ferme située à 30 km de Chiang Mai, les visiteurs deviennent des soigneurs le temps d’une journée et comme chez Lek, ils promènent les animaux, les nourrissent et apprennent à les examiner.

Renseignements sur le site http://www.pataraelephantfarm.org – 5800THB la journée

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Une autre bonne adresse pour s’informer sur les éléphants et leur protection se trouve à 50 km au nord de Chiang Mai. Explications sur le travail de mahout, promenade et bain sont au programme. A partir de 2400THB le circuit d’une journée.

Renseignements http://www.baanchangelephantpark.com

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Plus proche de Bangkok, Elephant Stay à Ayutthaya est un centre qui existe depuis 1996. Possibilité de séjours avec les éléphants (12 000THB pour 3j/2n) au cours desquels les visiteurs apprennent à les monter, les baigner et gagner leur confiance. Le centre participe à leur sauvegarde grâce à son programme de reproduction. Un animal heureux se reproduit. De courtes promenades parmi les ruines du parc historique sont proposées (200 à 500THB). Le centre achète aussi bien des animaux malades ou maltraités que des mâles ayant tué des villageois.

Renseignements sur http://www.elephantstay.com

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Voir des éléphants sauvages

Si votre rêve est de voir une harde d’éléphants en liberté dans une jungle épaisse, sachez que c’est possible au parc national de Kuiburi. L’entrée est de 200THB pour un adulte, 100THB pour un enfant. Le parc abrite l’une des plus importantes populations d’éléphants sauvages, estimée à 230 individus, et dispose de plateformes d’observation au coeur d’une des plus grandes forêts intactes du Sud-Est asiatique, habitat convenant particulièrement aux éléphants.

Possibilité de treks, de circuits avec guide anglophone et de séjour sur place dans des bungalows (1800THB/le bungalow) à réserver sur http://www.dnp.th.go/parkreserve

Le parc national de Kuiburi se situe au sud-ouest du parc national de Khao Sam Roi Yot que j’évoque dans l’article Hua Hin, l’aristocrate station thaïlandaise, premier parc maritime de Thaïlande, créé en 1966.

En résumé

Lorsque vous visitez un parc, assurez-vous que les animaux sont bien traités, qu’on les baigne, qu’on ne les fait pas trop travailler et qu’il y a des bébés car, comme je l’ai dit plus haut, un animal heureux se reproduit. Le camp de Mae Sa dans les environs de Chiang Mai jouit d’une bonne réputation et a un fort taux de fécondité, même si tout n’est pas bon à prendre. Situé dans un grand parc arboré à l’entrée duquel il y un panneau avec l’identité de chaque pensionnaire, il peut être un but de promenade agréable.

Les prix des centres de sauvegarde des éléphants peuvent vous sembler prohibitifs, cependant sachez qu’un éléphant coûte cher à nourrir, sans compter les soins et l’achat.

A travers cet article, j’espère vous avoir donné envie de mieux connaître les éléphants et de les approcher.

Sources: Lonely Planet, Thaïlande, faune, flore et paysages, éditions du Carrousel, 1999 pour l’édition française

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