Le tourisme médical en Thaïlande

Depuis plusieurs années on assiste au développement du tourisme médical et la Thaïlande n’échappe pas à la règle. Avec plus de 400 hopitaux privés équipés de matériel high-tech importé principalement d’Europe, des Etats-Unis et du Japon, des chambres dignes d’un cinq étoiles et un personnel aux petits soins, la Thaïlande fait partie des vingt leaders mondiaux et occupe la première place dans le Sud-Est asiatique.

L’histoire médicale du Pays du Sourire ne date pas d’hier. « [il] attire depuis très longtemps des gens du monde entier qui souhaitent se faire opérer pour changer de sexe, soulignait Bruno Huber, lorsqu’il était Directeur Général du Plaza Athénée de Bangkok. La capitale regorge de cliniques spécialisées dont les tarifs sont dix fois inférieurs à ceux proposés ailleurs. Les gens sont ensuite venus pour se faire refaire les dents. »

Le nombre de patients étrangers est passé de 620 000 en 2002 à 2,4 millions en 2013. Jusqu’en 2010, les clients de Destination Beauty, tour opérteur spécialisé dans le tourisme médical, les Australiens et les Néo-Zélandais représentaient 65% des personnes faisant appel à leurs services. Mais depuis janvier 2011, les hôpitaux n’hésitent plus à recourir au marketing traditionnel pour inverser la tendance et attirer davantage de patients européens. « Nous avons des bureaux de représentation dans quatre pays européens, dont l’Allemagne et les Pays-Bas, souligne le Directeur Adjoint de Samitivej. Nous travaillons aussi avec les tour-opérateurs pour qu’ils nous amènent des touristes. » Une opération soutenue par l’office du tourisme thaïlandais. Spots publicitaires en Français,  reportages diffusés sur les télévisions européennes ont incité les patients francophones à venir plus nombreux alors qu’auparavant ils avaient tendance à privilégier la proximité géographique pour les interventions chirurgicales (Tunisie, Turquie). Selon Nicolas Leloup, Chef du Marketing International et Directeur Général du Samitivej Sukhumvit Hospital de Bangkok: « Les Français représentent le cinquième marché le plus important pour les hôpitaux privés après les Asiatiques. »

Afin d’attirer toujours plus d’étrangers, une manne pour l’économie du pays, les hôpitaux thaïlandais se « diversifient » dans les médecines parallèles. Bumrungrad possède un centre spécialisé dans les traitements traditionnels asiatiques, comme la médecine ayurvédique et le soin par les plantes. « Nous essayons pour notre part d’intégrer les médecines alternatives et de les conjuguer avec les nouvelles technologies », explique Natalia Kortchouganova, responsable du spa de l’hôpital St. Carlos, qui propose une quarantaine de traitements allant de l’acupuncture au laser aux soins à l’oxygène, en passant par la thérapie par la pression et l’hydrothérapie.

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En plus des soins high-tech, certains hôpitaux n’hésitent pas à recruter parmi le personnel des palaces pour proposer une qualité de service sans équivalent dans le monde. Ainsi, dès 2003 le Bumrungrad a débauché un cadre de la chaîne Hilton pour gérer ses chambres. L’autre atout pour attirer les patients étrangers est le multilinguisme du personnel hospitalier. « La plupart de nos médecins ont été formés dans des universités occidentales », fait valoir Satian Pooprasert, vice-directeur général de Praram 9, un hôpital privé de Bangkok de plus de 300 lits, inauguré en 1992. L’Anglais arrive en tête mais les grands hôpitaux n’hésitent pas à recruter des docteurs de différentes nationalités. L’hôpital Bumrungrad emploie des médecins originaires de 18 pays différents. Au troisième étage, le Centre des patients internationaux comprend 7 employés multilingues qui ont pour mission de renseigner les patients étrangers. Des services de traduction dans 9 langues différentes, dont le Français, le Chinois et le Khmer sont également disponibles. Quant au Groupe Samitivej qui possède 13 hôpitaux dans le royaume, ses traducteurs parlent le Français, l’Allemand, l’Anglais, le Japonais, le Coréen et l’Arabe. A noter qu’à part le Samitivej Hospital, le service multilingue est payant et peut représenter 5% de la facture ce qui pousse certains hôpitaux à vous proposer un interprète même si vous parlez le Thaï ou l’Anglais. D’autre part, les interprètes ont peu de connaissances médicales, ce qui peut induire quelques malentendus lorsqu’ils traduisent ce que le médecin est en train d’expliquer.
Si les étrangers viennent de plus en plus nombreux se faire soigner ou opérer en Thaïlande, ce n’est pas seulement pour la qualité des soins et le sourire des infirmières.
Comme on l’explique chez Destination Beauty « les Occidentaux peuvent espérer une économie de 30 à 70% sur les frais médicaux en Thaïlande » et les Américains « jusqu’à 85% », selon The Economist qui cite l’étude scientifique du Centre d’études Deloitte. Ce discours est toutefois à tempérer et il convient de se renseigner dans son pays d’origine avant d’engager des frais. Ainsi, une chimiothérapie coûte trois fois plus cher en Thaïlande qu’en France mais dans la grande majorité des cas le patient est gagnant en se faisant soigner en Thaïlande.
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Samitivej Sukhumvit Hospital
Vient la question: comment parvenir à maintenir des tarifs attractifs malgré la qualité de service offerte? Les médecins sont des travailleurs indépendants rémunérés à l’acte. Leurs émoluments représentent 15% des dépenses totales de l’hôpital qui les emploie au lieu des 40% (voire plus) en Europe et aux Etats-Unis. Là aussi attention aux dérives qu’on peut éviter en prenant plusieurs avis et en demandant des devis. « Certains actes chirurgicaux recommandés n’ont aucun caractère d’urgence et peuvent attendre le retour du patient dans son pays », tient à préciser François Doré, directeur de la Compagnie du Siam et correspondant de sociétés d’Assistance françaises en Asie. Il cite des interventions pratiquées sur des clavicules cassées alors que la pose d’anneaux pour le maintien de l’épaule suffit mais l’intervention coûte dix fois plus cher que les anneaux. Ceci explique cela.
Enfin, avant de vous engager auprès d’un tour opérateur qui vous propose des tarifs défiant toute concurrence, sachez que la majorité d’entre eux ne comprennent que le séjour hospitalier. Il vous faudra ajouter l’aller-retour en avion, dans certains cas le coût du visa, les transports sur place, l’hôtel, la nourriture, les visites, etc…
Avant de partir, n’oubliez pas de demander à votre banquier de vous accorder un dépassement de paiement sur votre carte visa car vous devrez régler la totalité des frais avant de quitter l’hôpital.
Sources: Gavroche, l’Express, Actualcare

 

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