Un étranger peut-il perdre la raison en Thaïlande?

Un article de Gavroche paru en septembre dernier a attiré mon attention. Son titre « Problèmes mentaux, ce mal qui guette les expatriés » m’a surprise. Comment? On peut perdre la raison quand on mène la vie d’expat en Thaïlande? En Sibérie, je comprendrais, mais là…. 

Les symptômes

Si pour nombre d’expatriés, la Thaïlande représente le rêve, et on les comprend, certains vivent un cauchemar. Pour eux, les symptômes apparaissent entre 6 et 18 mois après leur arrivée dans le royaume. D’après les statistiques, les étrangers représentent un faible pourcentage de patients.  Mais peut-être sont-ils plus nombreux à souffrir de désordres psychologiques car la distance culturelle ne facilite pas la consultation.

thaietvous-com

Sentiment d’anxiété

Certains développent des sentiments d’anxiété, de phobie sociale, de panique et de stress post-traumatique. Pour Craig Gagnon, psychologue en chef à The Cabin, un cabinet de psychothérapie à Bangkok, « Ce sont des gens qui éprouvent une situation permanente de stress mais qui n’arrivent pas à en déterminer la cause. » Les expatriés qui souffrent de ces symptômes sont des cadres intermédiaires qui occupent leur premier poste à l’étranger. Craig Gagnon ajoute: « Une de mes théories pour expliquer ces cas fréquents d’anxiété est que vivre à Bangkok présente un niveau de stress supérieur à la vie dans le pays d’origine, du fait des contraintes du climat, de la circulation et de la bureaucratie. Ces étrangers montreraient une plus forte résistance au stress s’ils étaient dans leur propre pays. »

golden-mountain-thaietvous-com (4)
Bangkok vu du temple de Golden Mountain

Mais parfois, cela peut être le conjoint qui vit mal l’expatriation. Privé d’activité professionnelle, il développe peu à peu un sentiment d’ennui et d’inutilité qui peut conduire à la dépression malgré une vie très confortable. Il semblerait que dans cette situation, les femmes réagissent mieux que les hommes « peut-être parce que les hommes s’identifient encore plus à leur travail. » d’après Ben Weinstein, fondateur et directeur de Psychological Services International, premier cabinet de psychothérapie internationale ouvert à Bangkok.

Addiction au sexe

Un autre trouble touche certains expatriés: l’addiction au  sexe.  En Occident,  l’addiction au sexe se manifeste par la consultation excessive de sites pornographiques ou la pratique immodérée de l’onanisme. En Thaïlande, cela se manifeste pour certains par le recours aux prostituées jusqu’à 6 à 7 fois par semaine. D’autres font des rencontres via les sites spécialisés et changent fréquemment de partenaires. Profitant de leur statut d’étrangers, ils papillonnent de l’une à l’autre afin de satisfaire leur ego. Comme un enfant qui se désintéresse de son sujet le jour même de Noël, ils vivent dans l’insatisfaction permanente. Selon Ben Weinstein « Cette dépendance débouche sur un sentiment de désir permanent et sur un grand sentiment de vide. »

Ce mode de comportement conduit souvent à des effets pervers: dépenses excessives, problèmes conjugaux si l’indélicat est marié et problèmes dans le travail lorsque le patron s’aperçoit que son employé n’est plus au top. Ces conséquences ne sont pas à prendre à la légère, elles peuvent mener à la ruine ou au suicide si l’homme ne consulte pas rapidement.

Addiction à l’alcool

Comme l’addiction au sexe, l’addiction à l’alcool touche fortement la population masculine expatriée. Exilé dans un pays étranger, l’homme n’a plus les limites imposées par son environnement social habituel. Les barrières tombent, il a l’impression qu’il peut tout se permettre. C’est le syndrome de l’enfant lâché dans une confiserie.

S’il vit seul et qu’il ne souhaite pas se retrouver à tourner en rond dans son appartement, il est tenté de rejoindre des amis, collègues, etc… dans un bar. Subissant l’effet de groupe, il boit plus qu’il ne le fait ordinairement. L’alcoolisme s’installe sournoisement. Selon les études menées par The Cabin, les expatriés vivant en Thaïlande multiplient par deux leur risque de devenir dépendants à l’alcool par rapport à leur vie dans leur pays d’origine.

Les couples mixtes

Quelques étrangers à la retraite épousent une Thaïlandaise et quittent tout pour s’installer  avec elle, souvent dans un village ou une petite ville. Si cela se passe bien pour certains, d’autres sont moins chanceux. Ayant effectué plusieurs séjours durant leurs vacances, ils ont une image idyllique de la Thaïlande. Ils ne savent pas que lorsqu’on épouse une Thaïlandaise, on épouse aussi sa famille.  Mais surtout, ils voient dans la douceur de leur femme une soumission alors que les Thaïlandaises sont très indépendantes.

Parfois, les problèmes sont liés à l’argent. Nous avons tous entendu parler de ces hommes escroqués par une épouse plus attirée par leur compte en banque que par leur physique. Ruinés, il leur reste parfois juste de quoi payer le billet d’avion pour regagner leur pays d’origine. On imagine le retour!

Les causes

Il existe deux cas de figure. Dans le premier cas, les pertes de repères viennent d’un état pathologique antérieur à l’installation en Thaïlande. Le dépaysement ne fait qu’accentuer un mal-être préexistant. Certains touristes quant à eux cessent de prendre leur traitement ce qui peut amener à des rapatriements sanitaires.

Le second cas est dû à une impréparation. La Thaïlande ressemble au paradis, tout y semble plus facile et plus accessible. Mais ne nous y trompons pas, elle possède aussi ses zones d’ombre. N’oublions pas enfin que la distance culturelle est énorme. On ne fait pas table rase du jour au lendemain de son éducation, ses normes sociales, son passé, ce que nous ont transmis nos ancêtres.

Consulter un spécialiste

  • Hôpital Manarorn, premier hôpital psychiatrique privé, ouvert en 2004 à Bangna à 20 minutes de la station BTS On Nut
  • Hôpital Somdej Chao Phraya, situé à Thonburi, pour les cas les plus sérieux
  • The Cabin, suite 2306, 23rd Floor , Interchange 21, 399 Sukhumvit Road
  • PSI, Psychological Services International, téléphone 66 (0) 2 259 1476, mail psi@psiadmin.com, deux spécialistes francophones sont là pour vous aider

La plupart des grands hôpitaux publics de la capitale possèdent un département psychiatrie.

Je vous souhaite de n’avoir jamais à mettre les pieds dans un de ces établissements! 😉

Sources: Gavroche, septembre 2017, youtube

 

 

 

 

 

 

Publicités

5 réflexions sur “Un étranger peut-il perdre la raison en Thaïlande?

  1. J’adore la thailande et le séjour que j’y ai fait avec ma chérie était un paradis chaque jour… mais j’avoue être saturé du bruit.. je ne m’attendais pas avant de partir au fait que les asiatiques soient si bruyants de façon permanente….

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Fred,
      Il est vrai que les Thaïs adorent faire la fête et sont parfois bruyants. Heureusement, il existe encore de nombreux endroits tranquilles, à condition d’éviter Bangkok (mais c’est un incontournable) et les zones touristiques. Je vous invite à ne pas rester sur cette mauvaise impression…. Bien à vous

      Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.