La nourriture en Thaïlande

S’il est une chose surprenante pour le visiteur occidental qui arrive en Thaïlande, c’est la question de la nourriture. Elle est omniprésente, aussi bien sur les immenses affiches placardées dans Bangkok qu’à tous les coins de rue.

Il n’y a pas d’heure pour manger

Dans la plupart des hôtels, le service de restauration est ouvert tôt le matin jusqu’à tard le soir. Si vous faites une grasse matinée indécente, disons que vous émergez sur le coup de midi, eh bien, vous pouvez commander un petit déjeuner si ça vous chante. Renseignez-vous avant car tous ne le proposent pas. Allez faire ça en France !

Á l’inverse des Français qui passent des heures assis à table, les Thaïlandais grignotent à n’importe quelle heure du jour et de la nuit et ne s’offusquent pas s’ils doivent manger debout dans la rue, devant un stand de Street food, élémént du patrimoine thaïlandais.

Lors de votre séjour en Thaïlande, vous auriez tort de négliger les gargotes bon marché et les carrioles des marchands ambulants. La nourriture peut y être très bonne, voire excellente et ne coûte presque rien. D’ailleurs, peu de Thaïs mangent chez eux, même ceux qui ont des revenus modestes.

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Un couple de marchands ambulants dans le golfe de Thaïlande @thaietvous

Manger dans un restaurant bon marché, c’est comme au camping. Depuis qu’ils ont découvert le plastique, les Thaïlandais en raffolent pour les tables, les chaises et les assiettes. En revanche, ils ne connaissent pas les serviettes en papier. Vous verrez, trônant au centre de la table à côté des condiments, un rouleau de papier hygiénique dans un distributeur… en plastique ou planqué sous un cache en coton crocheté. La première fois, ça surprend, ensuite on s’habitue.

Un conseil en passant : apportez quelques paquets de kleenex pour deux raisons. Les toilettes n’ont pas toujours de papier, certaines ont cependant des distributeurs payants à leur entrée. Mais il vaut mieux être prévoyant. Enfin, les mouchoirs en papier sont si fins que je n’ai pas besoin de vous faire un dessin.

Bus repas compris

En janvier 2003, après avoir passé quelques jours à Pattaya avec des amis j’ai pris un bus VIP pour Chiang Rai, dans l’extrême nord. Je me rendais chez mon amie thaïe qui vivait encore avec sa maman. Comme dans un avion, un steward (ou une hôtesse) vous accueille par un speech auquel vous ne comprenez rien à moins de parler la langue couramment.

On vous offre une boisson, une collation et c’est parti pour pour environ 17 heures de route. Nous ne sommes que deux Occidentaux à bord du bus, un jeune homme d’une trentaine d’années accompagné de deux jeunes Thaïes et moi. Nous avons droit à deux navets américains doublés en thaï, ce qui est assez marrant. Mais cela a le mérite de nous endormir.

Vers 2 heures 30, le steward, micro en main, nous réveille. Le bus s’arrête, tout le monde descend, je suis le mouvement. Et là, en rase campagne, au milieu de la nuit et de nulle part, se tient un marché. Nous avons droit à un repas léger compris dans le prix du billet. Installée à une table en bois (pas de plastique pour une fois), je savoure ce moment surréaliste pour moi.

Encore plus surréaliste, à peine remontés dans le bus, presque tous les Thaïs se rendorment. La chance !!!

Cuisine équipée, connais pas

Dans les maisons modernes et les condo qui poussent comme des champignons, la cuisine équipée est un must. Mais, dans les maisons traditionnelles modestes, la cuisine est tout autre. Par exemple, chez la maman de mon amie, la cuisinière est un réchaud installé sous un appentis attenant à la maison. Pas besoin de hotte aspirante pour éliminer les odeurs de cuisson.

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Drôle d’endroit pour dormir mais à défaut d’être douillet, le lit est chaud @thaietvous

Cette absence de confort ne l’empêche pas de cuisiner merveilleusement bien. Je me souviens d’un délicieux dessert (kôw dôm gà-ti) au riz gluant et au lait de coco  dont je n’ai jamais retrouvé le goût. Un pur délice, joliment présenté. Cette douceur a la forme d’une pyramide enveloppée dans une feuille de bananier fermée par un bâtonnet en bois. Ci-dessous, le dessert auquel on a ajouté du tamarin vient de Chiang Mai.

Oublions le protocole

S’il est une autre habitude qui peut surprendre un Occidental, c’est le peu de protocole observé. Dans les familles, les enfants quittent la table lorsqu’ils ont terminé leur repas, les adultes aussi parfois. De même, dans les restaurants, vous verrez souvent des personnes se joindre à des amis en cours de repas. Bien évidemment, je ne parle pas des grandes tables, que ce soit au restaurant ou dans le domaine privé.

En revanche, comme dans les pays occidentaux, des hommes d’affaires négocient autour d’un bon repas.

La nourriture des moines

Dans le bouddhisme theravâda qui prévaut en Thaïlande, les moines n’ont pas de vie sociale. Ils ne travaillent pas, ne perçoivent pas d’argent et ne se font pas à manger. Ils sont entièrement dépendants de la générosité des laïcs. Cependant, contrairement aux mendiants, ils ne doivent pas attirer l’attention sur eux. Ainsi, de bon matin, vers 6 ou 7 heures, ils défilent silencieusement, leur bol à aumônes (patta) dans les mains, prêts à recevoir l’offrande de la nourriture.

Lors de cérémonies dans les temples, il est également d’usage de préparer différentes sortes de plats pour les moines. Une anecdote amusante à ce sujet m’est arrivée dans le Nord, vers Chiang Rai, lors d’un de mes premiers voyages en Thaïlande.

Voici ce que j’écrivais dans mon journal : « Mercredi 22 janvier 2003, nous allons au temple à 7 heures 30. La famille a sorti ses plus beaux vêtements et nous partons en pick-up. La veille nous avons préparé 100 sachets de riz que nous offrirons aux moines après l’office. Le petit temple est perché sur une colline isolée en pleine campagne à quelques kilomètres de Chiang Rai. Il est beaucoup plus modeste que ceux que j’ai visités à Bangkok. Á l’intérieur, de grands calendriers de ces dernières années sont accrochés sur les colonnes, la plupart à l’effigie des souverains mais d’autres représentent des pubs de voitures. C’est assez surprenant !

Je suis la seule farang parmi la communauté de fidèles. Je suscite leur curiosité et celle des moines qui viennent me poser des questions. Ils me demandent d’où je viens, veulent savoir si je parle leur langue, combien de temps je vais rester dans leur pays… Leur curiosité est bienveillante et je réalise qu’il est impossible de rester isolé(e) en Thaïlande. La solitude n’existe pas alors qu’on peut en crever en Occident.

Dans le jardin, des tables sont dressées sous les arbres, chargées de victuailles apportées par les fidèles. Un vrai buffet du Club Med ! N’ayant pas eu le temps de prendre mon petit déjeuner, j’en ai l’appétit aiguisé et me réjouis à l’avance des agapes qui nous attendent. Je ne tarde pas à déchanter. Tout est pour les moines et uniquement pour eux. »

Ban Baat Community

Si la découverte de la fabrication des bols à aumônes vous intéresse, rendez vous à Ban Baat community dans le quartier de Phra Nakorn à Bangkok, 71 soi Ban Baat (au sud du Golden Mount). Vous pourrez admirer la dextérité des artisans qui travaillent comme le faisaient leurs ancêtres et, pourquoi pas, rapporter un bol en souvenir.

Pour approfondir vos connaissances sur la fabrication traditionnelle des bols à aumônes, je vous conseille la lecture de l’article suivant : https://lepetitjournal.com/bangkok/baan-bat-la-decouverte-de-la-fabrication-traditionnelle-des-bols-aumones-151192

 

 

 

 

 


2 réflexions sur “La nourriture en Thaïlande

  1. D’une manière générale, il vaut mieux éviter la nourriture des vendeurs situés au bord des rues. Un plat parfumé aux émanations de carburant, ce n’est pas terrible. Effectivement, avec l’expérience, on apprend… Bonne journée !

  2. Article très intéressant.
    Avec l’expérience, on se rend compte qu’il y a la bonne et la mauvaise nourriture thaï comme partout. Je déconseille celle aux arrêts de bus. C’est la seule qui m’ait rendu vraiment malade. A ces endroits, se rabattre vers de la nourriture scellée

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