Le Wat Phra Kaew de Chiang Rai

Si le temple le plus connu de la région de Chiang Rai est le Wat Rong Khun, véritable délire architectural contemporain de l’architecte Chalermchai Kositpipat, il existe au cœur de la ville un autre temple qui mérite largement une visite : le Wat Phra Kaew.

Architecture

Ce temple, le plus vénéré de Chiang Rai, s’appelait à l’origine le Wat Pa Yia qui signifie monastère de la forêt de bambous. Construit en bois à la fin du XIVème siècle, il est formé de plusieurs bâtiments répartis dans un jardin tropical.

Dans la cour centrale l’ancien ubosot (salle d’ordination) érigé en 1890 renferme un imposant Bouddha ancien de style Lan Na. Entièrement en bois, le bâtiment possède de remarquables portes sculptées qui méritent qu’on s’y arrête. La façade est décorée de panneaux or et rouge. Á sa gauche, on peut admirer de très beaux édifices en bois également, ornés de statues du fondateur et de ses successeurs.

Á droite, un bassin où s’ébattent des tortues d’eau apporte une note de fraîcheur bienvenue.

Le chedi octogonal date de l’origine du temple et a nécessité plusieurs rénovations pour conserver son éclat.

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Le nouveau Bouddha d’émeraude de Chiang Rai

Dans les années 1990, la ville de Chiang Rai commande une copie du Phra Kaew Morokot à un artiste chinois. Réalisée dans du jade canadien, la statue porte le nom de Phra Yok Chiang Rai (Bouddha de jade Chiang Rai). Très proche de l’original, elle mesure 10 mm de moins. Elle est conservée dans le Haw Phra Kaew, à côté du chedi.

Entre histoire et légende

Selon la légende, la foudre aurait provoqué l’effondrement du chedi en 1434, faisant apparaître le Phra Kaew Morakot ou Bouddha d’émeraude. Contrairement à sa dénomination le Bouddha est en jade.

Suite à cette découverte, la statue connaît de nombreuses péripéties, l’amenant de Chiang Rai à Lampang où elle est abritée au Wat Phra Kaew Don Tao, puis à Chiang Mai. Au XVIème siècle les envahisseurs laotiens la volent et l’emportent à Luang Prabang puis à Wiang Chan (Vientiane).

Le général de l’armée siamoise Thong Duang  Roi Yot Fa,  la reprend aux Laotiens sous le règne du Roi Taksin. la statue est déposée dans la capitale qui est alors Thonburi. En 1782, le Roi Taksin, déclaré fou, est éxécut ainsi que son fils. Le général s’empare du pouvoir et devient roi sous le nom de Yot Fa. Il fonde la dynastie Chakri et prend le nom dynastique de Rama 1er. Pour des raisons de sécurité, il déplace la capitale en face de Thonburi, dans un méandre du fleuve et lui donne le nom de Bangkok.

Le Roi Rama 1er fait confectionner deux robes royales (une pour la saison, une pour la saison humide) auxquelles Rama III en ajoutera une troisième pour la saison fraîche. La robe est changée par le roi en personne à chaque saison au cours d’une cérémonie solennelle qui perdure de nos jours.

Une statue aux pouvoirs magiques

Aucune statue de Bouddha ne suscite une telle vénération dans tout le Royaume, bien qu’elle ne soit pas la plus précieuse. Rama 1er considérait comme un miracle de bon augure le fait qu’il ait récupéré la statue peu de temps avant son accession au trône.

Mais bien avant lui on attribuait des pouvoirs surnaturels au Bouddha d’émeraude. Ainsi  à peine est-elle découverte que le roi de Chiang Mai veut s’en emparer et ordonne de la transférer dans sa capitale. Transportée sur le dos d’un éléphant blanc, elle est l’objet de nombreux hommages sur le chemin. Mais, brusquement, en cours de route l’éléphant refuse d’avancer et, phénomène étrange, la statue devient si pesante que l’animal s’écroule dans de terribles barrissements. Le roi comprend alors que la statue refuse de se rendre à Chiang Mai. Suite à un tirage au sort, elle est déposée à Lampang.

En 1820, lorsque sévit la grande épidémie de choléra malgré les prières et les cérémonies, on décide de porter la statue au cours d’une procession solennelle dans la capitale. Le miracle s’accomplit.

Robert Lingat, (1892 – 1972), éminent juriste et orientaliste qui a séjourné 30 ans en Asie du Sud-Est en tant que conseiller du Roi de Siam, puis professeur à la Faculté d’Indochine, rapporte une anecdote édifiante. Un boutiquier eut la (mauvaise) idée de commercialiser un flacon de parfum reprenant la forme de la statue, la tête servant de bouchon. Pour ouvrir le flacon, il fallait en quelque sorte « décapiter » le bouddha. Quelque temps après, il est victime d’un accident de la circulation. Renversé par une automobile devant la chapelle du Palais Royal, il meurt décapité.

Renseignements pratiques

Adresse : Thanon Trairat

Plan Chiang Rai - Google maps

Horaires d’ouverture : Temple 7H – 19 H / Musée 9H – 17H

Entrée libre

Sources : Lonely planet, le blog d’Alain et Bernard en Thaïlande dont je vous recommande les articles toujours très documentés. D’ailleurs, voici celui qu’ils ont écrit sur le bouddha d’émeraude